Les enjeux de la protection des terres agricoles et naturelles périurbaines


Des enjeux pour la ville, comme pour l’agriculture et la nature


En France, chaque année, 35 000 ha de terre agricole et naturelle sont urbanisés, 5 000 ha sont artificialisés pour réaliser des infrastructures de transports. Par ailleurs, 20 000 ha quittent chaque année la sphère productive agricole et forestière pour entrer dans le patrimoine privé des jardins et loisirs verts.


Des enjeux de développement et d’aménagement durables des territoires urbains


Photo : Sophie Elie

La recherche d’un territoire équilibré et polycentrique conduit à faire jouer aux espaces agricoles et naturels un rôle essentiel dans l’organisation spatiale et fonctionnelle des nouvelles agglomérations et métropoles. Cadre de vie pour une grande partie de la population, ces espaces sont également des espaces à vivre.

Les activités agricoles et forestières, comme les activités liées au développement des loisirs verts sont des composantes maintenant reconnues de l’économie du territoire urbain et périurbain.

Ainsi, la notion de multifonctionnalité de l’espace devient une notion courante tant chez les urbanistes que chez les agronomes. Réfléchir au développement d’un territoire à travers cette perception de l’espace impose de prendre en compte toutes les conditions indispensables au maintien et à la mise en valeur des caractéristiques locales qui font la qualité et l’attractivité des lieux (paysages, usages et activités, etc.).


Des enjeux alimentaires

Le développement des circuits courts de commercialisation des produits agricoles et la reconnaissance des services environnementaux apportés par l’agriculture contribuent à rapprocher à nouveau producteurs et consommateurs.

La hausse du prix des matières premières agricoles et les perspectives de valorisation énergétique de ces produits ont remis sur le devant de la scène la production agricole et forestière.
 
Aujourd'hui, le grand public et les acteurs politiques locaux commencent à prendre conscience que la terre arable est une ressource naturelle non renouvelable. Notre capacité à nourrir l’humanité n’est pas un acquis ad æternam.

De plus, les questions d’alimentation et de santé devraient prendre une importance centrale dans la gouvernance territoriale des prochaines années.


Des enjeux sociaux et culturels


Photo : Sophie Elie

Ce sont d'abord leurs fonctions récréatives qui militent pour une meilleure protection des espaces non bâtis périurbains. Leur dimension sociale et éthique émerge depuis plusieurs années à la faveur de la multiplication des sentiers découverte, des fermes pédagogiques, des systèmes valorisant l’accueil ou la vente directe à la ferme, de l’émergence des AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), du renouveau des jardins ouvriers, etc.

La fonction identitaire de l’agriculture et du monde rural devient également primordiale dans un monde ou la globalisation pose à tout un chacun la question de ses racines.


Des enjeux environnementaux

L’extension non contrôlée des zones urbaines ou plus généralement des espaces artificialisés et la segmentation des espaces naturels mettent en péril la biodiversité et les équilibres écologiques.
Le maintien des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains est un moyen de maintenir un maillage vert cohérent, indispensable à la circulation des espèces, et permet de contrer et réduire certaines pollutions des sols et des eaux.
 
Par ailleurs, dans un contexte mondial de recherche de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les capacités stockage du CO2 atmosphérique par la terre et les végétaux qui y poussent ne sont pas négligeables, loin s’en faut. L’artificialisation des sols périurbains est donc contre-productive en matière de réduction des gaz à effet de serre.


Des enjeux énergétiques


Photo : Sophie Elie

Face à la pénurie de pétrole annoncée, la réduction des dépenses énergétiques est l’un des chevaux de bataille de notre société. La question du bilan carbone des agglomérations est ainsi d’actualité. A cette fin, l’approvisionnement local en produits alimentaires et en biomatériaux ainsi que la multiplication des circuits courts de distribution permettent, entre autre, de réduire les coûts énergétiques de transport.
 
Le développement des systèmes énergétiques alternatifs utilisant du bois de chauffage ou mobilisant des carburants d’origine biologique est l’une des pistes de recherche actuelle. Répondre à la demande en matières premières renouvelables d’origine biologique contribue à favoriser une meilleure protection des espaces agricoles, forestiers et naturels périurbains.